Monthou sur Cher fait partie de "La Vallée des Meuniers". En effet, autrefois, le village comptait douze moulins et il en restait onze entre le XVIème et le XVIIIème siècle. Aujourd'hui, on en dénombre dix et pour certains il ne subsiste que des ruines.
Ces moulins servaient à produire de la farine, mais ils étaient également utilisés pour la tannerie. L'industrie drapière étant assez prospère dans la région (grâce à la présence d'argile smectique, provenant de la décomposition de certains schistes, nécessaire à cette activité), les moulins étaient aussi employés à la fabrication de feutre et au foulage des tissus de laine.
C'est en descendant le cours du Bavet, que l'on peut partir à la rencontre de ces moulins de "la Vallée des Meuniers":
- Le premier est le moulin du Brault qui a ajourd'hui disparu. C'était le plus ancien. Il était installé au pied d'une falaise où l'eau tombait directement sur sa roue.
- Ensuite, non loin du château se trouve le moulin du Gué . A l'époque, il appartient au seigneur et ne travaille que pour le château.
- Puis vient le moulin de la Varenne . Il est la propriété du chapitre de Saint Aignan (le chapitre est l'assemblée tenue par des chanoines, religieux ou religieuses) jusqu'en 1778 où le dernier bail concernant ce moulin est conclu. Il sera délaissé quelques années plus tard.
- A propos du moulin de Roland , on sait seulement qu'en 1774 il appartient à un domaine situé sur la commune de Thenay. Il est alimenté non pas par le Bavet, mais par le ruisseau les Anguilleuses, tout comme les deux autres moulins qui suivent.
- En effet, le moulin d'Assenay est lui aussi alimenté par les Anguilleuses. Nous savons qu'il appartenait au seigneur de Champhlé en 1774.
- Le sixième moulin est celui de la Crémaillère et ce sont toujours les Anguilleuses qui font tourner sa roue. Il était exploité en 1774 par Louis Germain, son propriétaire. Mais il n'a pas échappé à la mainmise du seigneur du Gué-Péan.
- Le moulin Bahuet , ou moulin du bourg, est situé près de l'église. Il est alimenté par le Bavet. Au XVIIIème siècle, il est en ruine. Il sera vendu comme bien national en 1791, avec l'autorisation de le reconstruire. Aujourd'hui, même s'il n'est plus en fonctionnement, il possède toujours sa meule qui servait à broyer le grain et le mécanisme qui lui donnait vie.
- Tout en continuant le cours du Bavet, on trouve le moulin de la Couldre . Au XVIIIème siècle, il est le bien du prieuré, mais en 1622 il devient la propriété du seigneur du Gué-Péan à qui le meunier verse une rente.
- Le neuvième moulin est le moulin Bernet . Il a appartenu en 1744 à un habitant de Tours. En 1697, son meunier reconnaît lui aussi une rente au seigneur du Gué-Péan.
- Puis, on trouve le moulin Ferrand datant de 1538 et qui appartient à la chapelle des Miracles (dépendance du chapitre de Saint Aignan). Il est situé à un emplacement privilégié puisqu'il est à un carrefour où passe le chemin de Montrichard à Saint Aignan, le chemin de Pontlevoy et les deux chemins qui suivent le Bavet sur ses deux rives. Au XVIIIème siècle, il appartient à un vicaire de Saint Aignan.
- Ensuite nous arrivons au moulin du Ru . Il n'a jamais été transformé et a toujours été utilisé pour la tannerie. c'est pour ça qu'il est aussi appelé le "moulin à tan".
- Le dernier moulin est situé en descendant le Cher sur la rive droite. Son nom lui vient du matériau dans lequel il est construit, qui est la pierre de Bourré. Il a disparu depuis des siècles, mais il reste un lieu-dit et une rue du Moulin Blanc .
Laissez-vous aller, au cours d'une promenade, à suivre cette "Vallée des Meuniers" et à y découvrir ces édifices d'autrefois.